Voici la synthèse d'après la conférence "SEP et Sport" lors des 4è journées de la SEP qui se sont tenues à l'Hôtel de Ville de Paris en Avril dernier; Ces journées
ont fait suite au congrès de l'ARSEP et sont organisées par l'UNISEP
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Sclérose en Plaques et Activité Physique/Pratique sportive
Par le Dr. Cécile Donzé et M. Marc Alexandre Guyot (Educateur médico-sportif),
Service de médecine physique et réadaptation fonctionnelle, Hôpital Saint-Philibert, Lille.
D’après la conférence « SEP et Sport » lors des 4èmes
journées de la SEP
Avoir une Sclérose en Plaques (SEP) ne doit pas entraîner l'arrêt de toute activité physique (marche, ballade à vélo, natation, … toute
activité pratiquée dans la vie quotidienne, en famille, au travail ou dans les loisirs) ou de toute pratique sportive (activité physique importante pratiquée de façon régulière dans un
club).
En effet, pratiquer une activité physique/sportive régulière n’engendre pas de poussées ou de progression du
handicap. Toutefois, en cas de poussée, il est préférable d’arrêter votre activité et de consulter votre neurologue puisque cette période nécessite soins et repos. L’activité physique/sportive
est indispensable pour l’organisme et peut avoir un effet bénéfique sur les patients atteints de SEP : amélioration des fonctions musculaires, cardiovasculaires, respiratoires, locomotrices et
cognitives (attention, mémoire, organisation spatiale…). Chez la majorité des patients pratiquant une activité physique, l’équilibre, la mobilité, la souplesse, l’endurance, l’autonomie et la
coordination sont améliorées. Bien souvent, la fatigue, la fatigabilité et le stress diminuent. La fatigue liée à l’activité physique entraine une fatigue normale qui est réversible. L'exercice
physique n'augmente pas la température corporelle de façon excessive. Parfois, il peut provoquer le phénomène d'Uhthoff (augmentation passagère d’un symptôme préexistant) qui lui aussi est
réversible après un temps de repos. Toutefois, il est nécessaire d’adapter son niveau d’activité physique à ses capacités. Il est important de respecter son corps, de ne pas le pousser au-delà de
ses limites et de savoir s’arrêter à temps. Il faut tenir compte de ses capacités de récupération et de ses autres activités sociales, familiales, culturelles et professionnelles.
L’activité physique/sportive constitue un facteur de bien-être qui contribue à une bonne hygiène de vie et
améliore la qualité de vie. Elle permet aussi de trouver une motivation supplémentaire pour lutter contre la maladie et l’isolement social.
Le choix de l’activité physique dépend de vos envies, de vos attentes et des adaptations réalisables par
rapport à l’activité choisie. Selon le niveau de handicap, différentes activités pourront être proposées : pratique d’un sport dans un club classique, dans un club adapté au handicap ou
simplement une activité physique pratiquée en famille ou entre amis. Le choix sera également adapté à l’objectif : détente, dépense physique ou compétition. Aucun sport n’est interdit,
plusieurs peuvent se pratiquer de différentes façons (debout, assis, …). Il est cependant indispensable d’avoir un suivi médical. La fréquence de la pratique exerce sur les performances physiques
une influence plus grande que la durée des séances. Il est donc préférable de pratiquer régulièrement et modérément (2-3 séances par semaine espacées d’un à deux jours de repos) sur une durée
courte (20 à 30 minutes). Il faut favoriser les activités d’endurance. La quantité de pratique nécessaire à l’entretien des « performances sportives » dépend du niveau d’adaptation déjà
atteint.
Il est important d’en parler avec votre neurologue et un médecin rééducateur qui pourra mettre en place un
programme adapté à vos besoins.
Dans la SEP, les patients sont généralement confrontés à un déconditionnement à l’effort. Il est donc
important de pratiquer une activité physique pour le limiter. Il existe 2 types d'exercice physique :
1) le réentraînement à l'effort (REE) : travail global qui favorise l'endurance, et la tolérance à l'effort. Il se déroule en 3 phases : échauffement,
travail (au minimum 15 minutes) et récupération active ; améliore la tolérance à l'effort des patients SEP ambulatoires alors que l’inactivité l’aggrave ; est efficace sur le handicap,
peu sur les déficiences ; est bénéfique pour les patients avec un EDDS < 6 ; améliore la qualité de vie et agit plus ou moins sur la fatigue sans entraîner d'effets secondaires
notoires.
2) le renforcement musculaire contre résistance (RM) : il cible un groupe musculaire ; séries de 10 à 20 répétitions selon la tolérance. Ce type
d'exercice augmente la force musculaire, les capacités fonctionnelles, l'endurance, la souplesse, la marche (en diminuant la fatigue) ainsi que la confiance en soi et l'humeur. Il est possible
dès lors qu'il est adapté et convient aux patients avec EDSS faible une surveillance médicale est indispensable dans ce type de programme.
Dans certains cas, l'utilisation de la cryothérapie est bénéfique pour les patients thermosensibles (environ
les 2/3 des cas) : bains froids, veste réfrigérée, glace pilée ingérée (la plus efficace pour faire baisser la température du corps). Elle permet d'améliorer la spasticité ainsi que les
troubles moteurs et limite l’apparition du phénomène d’uhthoff.
Principales recommandations selon le niveau de handicap :
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Niveau d'EDSS
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Troubles
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Recommandations
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EDSS 0 -
pas de handicap
|
pas de fatigabilité
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pratiquer des exercices combinés REE et RM,
sports extrêmes déconseillés
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EDSS faible
|
fatigabilité,
troubles mineurs de l'équilibre,
thermo-sensibilité
|
REE/RM contrôlé,
possibilité de cryothérapie préalable,
pas de surentraînement,
sport supervisé
|
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EDSS moyen
|
périmètre de marche limité,
spasticité, parésie des membres inférieurs,
ataxie,
troubles de l'équilibre
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REE adapté au déficit,
marche nordique,
ergométrie des membres inférieurs et supérieurs,
RM des muscles cibles,
aquagym
|
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EDSS sévère
|
perte d'autonomie,
marche quasi impossible
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Entretien musculaire,
RM orientée vers les muscles utilisés dans la vie quotidienne,
étirements, yoga,
mobilisation passive sur appareils actifs.
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Ainsi, il est conseillé de pratiquer une activité physique ou sportive pour les personnes atteintes de SEP.
La fréquence de la pratique dépendra de la sensibilité à la fatigue, de la capacité de récupération et surtout de votre vie quotidienne. L’activité physique est un plus et s’ajoute à votre
traitement médical et paramédical. Pour pratiquer votre sport, n’hésitez pas à contacter la Fédération France Handisport. Et choisissez une activité pour le plaisir de la pratique !
Synthèse faite par Karine Pouliquen-Hautière, chargée de la communication
et Emmanuelle Plassart-Schiess, responsable de l’information scientifique.
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